7,2 %. Ce chiffre marque la croissance du marché mondial de la haute joaillerie en 2025, alors que la plupart des secteurs tiraient la langue. Pendant que la consommation ralentit, certaines maisons de luxe jouent sur un autre registre : expérience intimiste, relation sur-mesure, fidélité record. Les chiffres le prouvent : là où la personnalisation rencontre la discrétion, plus de 80 % des clients reviennent. De l’autre côté, les marques qui cherchent à tout bouleverser se heurtent à un mur. Dans cet univers, les attentes ne flanchent pas, elles s’installent, alors même que l’incertitude règne partout ailleurs.
Le luxe tranquille, une réponse durable à la quête de discrétion et d’authenticité
Le quiet luxury ne cherche pas la lumière. Il avance à pas feutrés, cultive sa différence dans le détail et la retenue. De 2023 à 2025, cette tendance n’a cessé de s’affirmer : fibres naturelles, teintes douces, logos absents. Des noms comme Loro Piana, Brunello Cucinelli, Zegna ou Hermès sont passés maîtres dans ce langage silencieux. Leur savoir-faire se lit dans la texture d’un cachemire, la souplesse d’un cuir, la ligne parfaite d’une veste, autant de signes qui n’ont pas besoin de démonstration.
Le retour au naturel gagne du terrain. Des maisons comme La Ferme du Mohair misent sur la transparence et le circuit court. Prenons le pull Faustine : conçu dans les Pyrénées, il s’impose en 2026 comme l’emblème d’un luxe qui préfère le geste juste à la démonstration. Ici, la discrétion n’est plus une option, c’est une prise de position. Elle s’oppose à la frénésie des achats compulsifs et propose un autre rythme, un dialogue entre ville et nature, agitation et apaisement.
Ce public n’achète pas pour briller, mais pour ressentir. Il privilégie l’histoire, la durabilité, l’objet qui vieillit bien. Cette évolution ne relève pas d’un simple engouement passager : elle répond à une volonté profonde de retrouver du sens, d’adopter des objets qui s’inscrivent dans la durée. À l’horizon 2026, ce mouvement s’enracine et fait du quiet luxury la réponse la plus crédible à la soif de singularité et de discrétion.
Pourquoi cette tendance séduit-elle toujours autant en 2026 ?
Après des années d’ascension soutenue, le secteur du luxe subit un premier coup d’arrêt :,2 % en 2025, près de 20 millions de clients en moins. Pourtant, le luxe tranquille ne vacille pas. En Europe, les ventes atteignent 108 milliards d’euros, les États-Unis talonnent à 101 milliards. Les prévisions pour 2026 restent positives, avec une progression annoncée entre 3 et 5 %. Cette stabilité s’explique par un équilibre entre un climat anxiogène et la recherche de repères.
Sur le terrain, les consommateurs veulent du concret, du solide, du vrai. Ce qui compte ? La sensation d’un tissu, la ligne d’une coupe, l’histoire vraie derrière une pièce manufacturée loin du bruit des réseaux. Même la Gen Z, réputée pour bousculer les codes, n’échappe pas à ce courant : si certains explorent l’excentricité, la majorité reste attachée à une élégance sourde, pensée pour durer. Les résultats des tests Scarlette, des analyses Luxurynsight ou Heuritech le confirment : la demande vise la mesure et la cohérence, pas la surenchère.
Pour illustrer ces dynamiques, voici un aperçu de l’évolution du marché selon les régions :
| Pays | Évolution du marché du luxe (2025) |
|---|---|
| Chine | -6 à -8 % |
| Amérique latine | Stabilité |
| Mexique | Hausse (nearshoring, Tesla à Monterrey) |
Les plateformes comme Instagram et TikTok jouent sur les contrastes, mais la demande de matières naturelles et de simplicité n’a jamais été aussi affirmée. Le secteur du luxe mute, mais l’attrait pour la discrétion, l’authenticité et la longévité traverse les tempêtes, imperturbable.
Des maisons de luxe aux nouveaux créateurs : comment le “quiet luxury” façonne l’industrie et inspire les consommateurs
En 2026, le quiet luxury continue d’inspirer les grandes maisons, qui raffinent leur approche. Les signatures comme Loro Piana, Brunello Cucinelli, Zegna ou Hermès persistent à privilégier la noblesse de la matière, la coupe irréprochable et la sensation au toucher. Ici, la sophistication se passe de bruit : elle se ressent, elle ne s’affiche pas.
Mais la scène n’est pas figée. De nouveaux visages imposent leur style. Sur les podiums, le maximalisme italien refait surface : Pucci, Missoni, Versace raniment l’esprit d’exubérance, tandis que la Fashion Week 2026 confirme la montée du loud luxury. Camille Miceli chez Pucci fait vibrer les couleurs et les matières, tandis que Jonathan Anderson (Loewe) et Mathieu Blazy (Chanel) injectent une dose d’humour et d’inattendu.
L’exigence de durabilité n’a pas disparu. Les clients restent attentifs à la provenance et à la qualité. Le néo-artisanat prend racine : des pièces comme le pull Faustine de La Ferme du Mohair deviennent des repères pour ceux qui cherchent du sens. En parallèle, le street style insuffle sa créativité, encourageant des associations audacieuses, des coupes affirmées, des couleurs qui dynamisent le quotidien. Résultat : un entre-deux mouvant, où la sobriété côtoie l’audace, et où le chic fonctionnel s’impose comme un choix manifeste.
Dans ce panorama, le luxe tranquille n’est pas une simple tendance : il s’affirme comme un mode de vie, une façon de traverser l’époque sans céder à l’agitation. Reste à voir jusqu’où cette élégance silencieuse saura façonner les désirs de demain.


